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    L'un des plus beaux poèmes d'Hugo à mon sens.

    Il n'avait pas son pareil pour parler de la misère, de l'injustice et de la lâcheté du patronat et de l'état...

     

     

    Melancholia

     

     

    Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
    Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
    Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
    Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
    Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
    Dans la même prison le même mouvement.
    Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
    Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
    Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
    Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
    Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
    Aussi quelle pâleur ! La cendre est sur leur joue.
    Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
    Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
    Ils semblent dire à Dieu : — Petits comme nous sommes,
    Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! —
    Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
    Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
    Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
    La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
    Et qui ferait — c’est là son fruit le plus certain ! —
    D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
    Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
    Qui produit la richesse en créant la misère,
    Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil
    !

     

    Victor Hugo (1802-1885), Les Contemplations

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    Préambule de la Chèvre, celle du pauvre M. Seguin

     

    Lettre à Gringoire

     

    Alphonse Daudet

     

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    La merveilleuse Andrée Chedid...

     

    L'espérance

     

     

    J'ai ancré l'espérance

    Aux racines de la vie

    Face aux ténèbres

    J'ai dressé des clartés

    Planté des flambeaux

    À la lisière des nuits

    Des clartés qui persistent

    Des flambeaux qui se glissent

    Entre ombres et barbaries

    Des clartés qui renaissent

    Des flambeaux qui se dressent

    Sans jamais dépérir

    J'enracine l'espérance

    Dans le terreau du cœur

    J'adopte toute l'espérance

    En son esprit frondeur.

                          Andrée CHEDID

     

     

    (Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en mars 2004)

     

     

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